Une croisière fluviale sur le Mahakam, au cœur de la forêt primaire de Bornéo

Une croisière fluviale sur le Mahakam, au cœur de la forêt primaire de Bornéo

A peine arrivés à Balikpapan, ville principale de Kalimantan (partie indonésienne de l’île de Bornéo), nous nous dirigeons vers Samarinda, à l’embouchure du fleuve Mahakam.

Le Mahakam est le second plus long fleuve d’Indonésie et s’étend sur près de 1000 km. Nous l’avons remonté sur toute sa partie navigable pendant une semaine, en changeant de nombreuses fois d’embarcation suivant son débit, à partir de Kota Bangun et jusqu’à Tiong Ohang, soit plus de 500 km.

Cette excursion nous a permis de pénétrer la forêt primaire aux abords du fleuve et de découvrir quelques-uns de ses trésors naturels, de visiter de paisibles villages sur pilotis et surtout de s’évader dans un monde qui nous est apparu par moment comme encore primitif.

Localisation du fleuve Mahakam sur l’île de Bornéo

Villages du Mahakam : une vie tournée vers le fleuve

Les villages lacustres qui bordent le Mahakam témoignent de la parfaite synergie des habitants avec le fleuve. Les villages se composent généralement d’un long ponton en bois sur chaque berge, qui sert de route, de terrain de jeu pour les enfants et de lieu de rencontres. Les maisons sont construites sur pilotis ou sont flottantes et la plupart des activités quotidiennes se passent dans la rivière : bain, jeux, lavage des vêtements, pêche, et même recherche d’or avec une pompe et un scaphandre pour les plus téméraires, sur la partie la plus en amont du fleuve…

Les Dayaks, premiers habitants de Kalimantan et originellement nomades sont aujourd’hui presque intégralement sédentarisés. C’est assez attristant de voir un peuple qui vivaient il y a encore peu en harmonie avec la forêt, contribuer maintenant, bien malgré lui, à sa destruction, en travaillant dans les plantations d’huiles de palme ou les mines de charbon, principales activités responsables de la déforestation. Ils sont simplement, comme nous avant eux, victimes plus ou moins conscientes et consentantes de la modernité. Heureusement, leurs traditions ne sont pas encore complétement disparues et certaines initiatives visant à leur permettre de conserver leur mode de vie traditionnel existent et permettent d’entrevoir une lueur d’espoir.

Il subsiste certaines de leurs maisons traditionnelles, les Lamin. Ce sont des maisons pouvant mesurer jusqu’à 100 m de long et elles accueillaient autrefois le village entier. Elles servent encore aujourd’hui pour certaines cérémonies, mais sont peu à peu délaissées.

Une nature encore préservée

Malgré la déforestation massive qui sévit sur Bornéo, la forêt primaire s’étend encore sur un territoire gigantesque : c’est la seconde au monde après l’Amazonie.

En remontant le Mahakam, nous avons eu un aperçu de ces paysages de rivières et de forêts qui nous laissent une impression étrange de redécouvrir un monde perdu, dont la beauté sauvage est fascinante et inquiétante à la fois.

La faune aux abords du Mahakam est également encore abondante et diversifiée. Seuls les orang-outan sont de plus en plus difficiles à voir hors des parcs naturels. D’autres primates, dont principalement les nasiques au nez proéminent se rencontrent encore facilement, ainsi que de nombreux oiseaux (échassiers, aigles, martins-pêcheurs…), reptiles et insectes. L’ours malais, plus petit ours du monde se trouve encore dans la forêt. Celui que l’on a vu était par contre dans une réserve.

2 réactions au sujet de « Une croisière fluviale sur le Mahakam, au cœur de la forêt primaire de Bornéo »

  1. Bonjour,

    J’aimerais faire ce genre d’excursion en juillet 2017.
    Je pars seule et j’aimerais savoir si c’est facile de se déplacer par soi même ou si c’est nécessaire de réserver une croisière d’ailleurs souvent très chère.
    Je dois également prévoir le nombre de jour suffisant afin de repartir vers Manado pour continuer mon voyage.
    Pouvez me donner quelques conseils ou explications sur la manière dont vous avez géré cette escapade.
    En vous remerciant sincèrement pour votre réponse,
    veuillez recevoir mes salutations respectueuses.
    Mme Georgel

    1. Bonjour,

      Nous ne pouvons que vous encouragez à explorer le Mahakam qui a été l’un des points forts de notre voyage pour la beauté sauvage des paysages et de la faune.

      Nous avons tout faits par nous-mêmes, mais le fait de parler l’indonésien nous a considérablement aidé.
      Notre parcours a été le suivant, à partir de Samarinda que nous avons rejoint depuis l’aéroport de Balikpapan :
      – jour 1 : bus de Samarinda à Kota Bangun (3h), puis parcours en Ces (petit bateau à moteur) de Kota Bangun à Muara Muntai (2h, 300000Rp) ;
      – jour 2 : location d’un Ces de Muara Muntai à Tanjung Isuy ;
      – jour 3 : parcours en Ces de Tanjung Isuy à Muara Pahu en passant par Mancong (1,2M Rp pour les deux jours) et bateau de nuit de Muara Pahu à Long Bangun ;
      – jour 4 : parcours de Long Bangun à Tiong Ohang en bateau rapide (1 M RP/personne).

      Plus on remonte le fleuve, plus il est sauvage et plus le prix du transport est conséquent.
      Nous sommes restés trois jours à Tiong Ohang et nous avons fait le chemin du retour plus rapidemment :
      – bateau rapide de Tiong Ohang à Long Bangun (500000RP/pers), puis de Long Bangun à Tering (300000RP, dans la même journée) ;
      – transport en voiture de Tering à Balikpapan pendant la nuit (1,4M Rp) => arrivée à Balikpapan en début de matinée.

      A Tiong Ohang, il faut noter qu’il n’y a pas de bateau tous les jours pour revenir à Long Bangun, il faut se renseigner.

      Les deux moments forts ont été :
      1) la journée en Ces entre Tanjung Isuy, Mancong et Muara Pahu lors de laquelle nous avons observés des nasiques, varans et de nombreux oiseaux (martins pêcheurs…). Si vous avez le temps, il peut être intéressant de passer la nuit à Mancong, village dayak.
      2) la partie haute du fleuve entre Long Bangun et Tiong Ohang, entrecoupée de rapides, au milieu de la jungle et de magnifiques cascades.

      Si vous avez d’autres questions, n’hésitez pas à nous solliciter par e-mail.

      Emmanuel & Tin

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